La formation de cueilleurs professionnels

Le développement d’une industrie de commercialisation de produits forestiers non traditionnels (PFNL) au Canada au cours de la dernière décennie a fait couler beaucoup d’encre. Malgré l’enthousiasme des chercheurs, des gouvernements et des entrepreneurs, les détracteurs crient au scandale. On pille nos forêts publiques et on s’enrichie en travaillant ‘au noir’, dit-on. Pourtant, rien n’est plus loin de la vérité. Les gouvernements veillent au grain. Au Québec, 68 espèces menacées ou vulnérables bénéficient d’une protection. L’industrie elle-même cherche à se structurer et encourage ses membres à travailler de façon responsable. C’est dans le domaine de la formation qu’elle a sans doute fait le plus grands pas.

Dès 1998, l’Association pour la commercialisation des champignons forestiers (www.acchf.ca) en collaboration avec l’Institut technologique agroalimentaire (ITA) deLa Pocatière développait un cours de formation à l’intention des cueilleurs professionnels de la province. Le cours comprend cinq éléments distinctifs : 1- l’identification des espèces, 2- l’éthique, 3- la sécurité en forêt, 4- la cueillette, la manutention et le transport des produits et 5- la traçabilité et la sécurité alimentaire. Le cours est généralement donné sur une période de 4 jours et inclut des éléments de théorie et de travail sur le terrain.

Quand le cours fut accepté par le ministère de l’Éducation, l’ACCHF et l’ITA offrirent le cours à 23 personnes d’expérience provenant de toutes les régions du Québec. Au cours des années 2009 et 2010, ces instructeurs formèrent plus de 1500 cueilleurs dans les villages et régions éloignées du Québec. Même les cueilleurs aguerris n’avaient que d’éloges pour la formation. Plusieurs ont pu constater leur manque de rigueur en particulier en ce qui a trait à la salubrité alimentaire.

Après 2 ans de formation dans les villages, l’ACCHF a mené un sondage auprès des 23 formateurs. Les résultats de cette analyse servirent à nourrir un cahier des charges qui fut présenté au ministère casino netherlands de l’Agriculture en avril, 2011. Deux recommandations principales découlent de ce travail : 1- que la formation des cueilleurs professionnels devienne obligatoire et 2- que toute personne vendant des produits forestiers au public ou aux institutions se dote d’une aire de travail agrée par le service d’inspection du ministère. Nous sommes en attente d’une réponse de leur part.

Entre temps, les institutions d’enseignement n’ont pas chômé. Au cours de l’été 2011, un collège lançait un projet pilote visant le perfectionnement des cueilleurs. Ce cours de 200 heures inclut des éléments de l’histoire de la cueillette en milieu naturel, le développement d’une industrie moderne, les rudiments de l’entreprenariat et les bases de la mise en marché des produits forestiers. Les 75 élèves qui ont suivi ce cours constituent la relève de demain.

La formation constitue l’un des piliers d’une industrie responsable. Elle donne les lettres de noblesse à notre travail et nous vaut la reconnaissance des gouvernements et du public. Elle assure non seulement la salubrité de nos produits mais la pérennité de la ressource.